La Méditation de Pleine Conscience au service de l'Entreprise ?

September 30, 2015

Face aux sollicitations multiples dont nous faisons l’objet, nous sommes contraints de prendre en permanence une multitude de décisions qui nous incite à la dispersion et nous fait perdre notre calme intérieur. A cela s’ajoute l’impact de la crise économique qui alimente notre stress et vient fragiliser un peu plus encore nos fondations. 

Comme l’ont prouvé de nombreuses études neuroscientifiques, la Méditation de Pleine Conscience (ou Mindfulness) peut être une solution durable pour aider les managers et leurs équipes à faire face aux défis de concilier performance et quête de sens, tout en installant un épanouissement personnel et un équilibre intérieur.

 

 

 

 

 

La Méditation de pleine Conscience c'est quoi ?

 

 

La pleine conscience est un état psychologique qui centre l'individu sur le moment présent.

La méditation est une technique pour atteindre cet état de pleine conscience le plus souvent possible. 

 

Implantée aux U.S.A. depuis plus de 30 ans dans les domaines médicaux grâce au programme créé par Jon Kabat Zinn*, "Réduction du Stress par la Pleine conscience" ou M.B.S.R, la Méditation Pleine Conscience ou Mindfulness est aujourd'hui en France une pratique reconnue et enseignée par des professionnels.

Jon Kabat-Zinn, l’un des pères fondateurs de la médecine corps-esprit, a été le premier à proposer la méditation comme remède contre le stress. Il définit la pleine conscience comme un processus qui nous amène à prêter attention, intentionnellement, dans le moment présent et sans jugement, aux pensées, sentiments et sensations, à chaque instant qui passe. Cette pratique consiste donc à développer cette attention et à accueillir et examiner ce qui se présente à l'esprit. Elle permet de se rendre compte de façon directe si une sensation est permanente ou pas, et d’évaluer comment les perceptions apparaissent, et comment elles disparaissent, en se posant en observateur neutre et en faisant taire le flux de pensées.

 

Cette pratique a pour finalité :

- de s'entraîner à être et à rester présent quelle que soit la situation (agréable, désagréable) avec tous les phénomènes mentaux et corporels qui surgissent alors. 
- de réduire les états de mal-être avec soi-même et les autres et de devenir un être conscient et éveillé dans sa vie.

 

 

Nous ne sommes donc pas toujours pleinement présents à ce qui nous arrive. Une telle « absence » de présence peut ainsi créer un espace pour les pensées négatives et l’anxiété. La pleine conscience, en orientant notre attention dans le moment présent sans jugements, a des effets positifs sur la perception qu’une personne a de sa vie. L’objectif de pratiquer la pleine conscience est de ralentir, de changer son regard sur son monde et de vivre autrement, au lieu d’être sur le « pilote automatique ».

 

Au delà de la réduction du stress, elle peut donc jouer un rôle utile dans le travail sur l’estime de soi sans avoir à renforcer une vision positive de soi en se concentrant sur des réalisations ou d’autres facteurs passagers. Elle peut ainsi aider les individus à ancrer de façon plus permanente une plus haute estime de soi et la rendre plus stable, plus solide.

 

 

 

 

 

 *Jon Kabat-Zinn est un professeur de médecine. Il a fondé et il dirige la Clinique de Réduction du Stress et le centre pour la pleine conscience en médecine (Center for Mindfulness in Medicine, Health Care, and Society) de l'université médicale du Massachusetts. Il enseigne la « méditation de la pleine conscience » (mindfulness meditation) comme une technique destinée à aider les gens à surmonter leur stress, leur anxiété, leur douleur et leur maladie. 

 

 

La Pleine Conscience en coaching...

 

Pour le coach, il ne s’agit pas de forcer ses clients à avoir des pensées positives, mais simplement deles inviter à devenir pleinement conscients de leur flot de pensées. Une telle approche est particulièrement intéressante lorsqu’un client a tendance à réagir de manière automatique en utilisant toujours les mêmes types de pensées et d’émotions.

 

Si nous suivons les recommandations de Jon Kabat-Zinn pour atteindre la pleine conscience, il faut :

- mobiliser son attention

- le faire intentionnellement

- dans le moment présent

- sans juger sur l’expérience qui se déroule moment après moment

 

Dans le cadre d’un apprentissage progressif, voici ce qui peut être proposé aux clients comme exercices :

  • Centrer son attention sur les informations sensorielles

  • Être attentif à sa respiration

  • Prendre conscience de toutes les parties de son corps

  • Devenir attentif lors d’activités quotidiennes routinières (prendre sa douche, manger, choisir un itinéraire...)

  • Prendre conscience de ses pensées spontanées

Dans tous les cas, le client ne doit pas tenter de porter un jugement sur ce qui arrive, donc de garder une attitude ouverte envers ce qui se présente afin de pouvoir faire une véritable observation.

 

 

 

 

 

Le coach peut donc accompagner, encourager ses clients à établir et maintenir une pratique régulière de pleine conscience, que ce soit par le biais de la méditation (MBSR notamment),  ou aussi d’autres approches comme la sophrologie ou la relaxation, qui se concentrent aussi sur la respiration, ou simplement en développant son attention consciente.

Le travail sur la respiration joue en effet un rôle essentiel dans la conscience de soi car elle est toujours présente. Elle nous aide entre autres à calmer notre esprit, à prendre conscience de notre corps, et à nous écouter intérieurement. C’est une façon d’amorcer le processus de l’observation de soi.

 

Une meilleure présence à vous-même dans l'instant présent vous permet d'être pleinement conscient de vos émotions et de leur impact sur votre attitude et vos décisions, de développer une attitude bienveillante vis-à-vis de vous même et des autres.  

 

La pratique régulière dans tous les aspects de votre quotidien (être pleinement conscient de ce que vous faites tout au long de la journée au moment où vous le faites) vous apporte une meilleure concentration, une attitude plus centrée et plus juste, une créativité plus libre et plus inspirée,  et elle installe un équilibre apaisé entre votre corps, votre coeur et votre mental ! 

 

Christophe André, Psychiatre et Psychothérapeute, ambassadeur reconnu de la Méditation Pleine Conscience nous parle de cette pratique en Entreprise :

Voir la vidéo:  https://vimeo.com/140767670

 

 

 

 

 

 

Les fondements de la pratique de la Pleine conscience:

 

7 Attitudes

(Extrait du livre : « Au cœur de la tourmente, la pleine conscience. MBSR, la réduction du stress basée sur la mindfulness : programme complet en 8 semaines », de Jon Kabat-Zinn)

 

7 qualités sont à la base de la pratique de la pleine conscience et participent pleinement au fait de vivre sa vie "en conscience". En observant ainsi nos mécanismes, nous pouvons voir que ces attitudes sont interdépendantes et qu'en en pratiquant une, nous les amplifions toutes car elles s'influencent mutuellement. 

  1. L’esprit du débutant: Avoir toujours le regard neuf, sans a-priori ni croyance; voir les choses telles qu’elles sont avec curiosité, comme si c’était la 1° fois; et même dans le cas d’expériences routinières, il est bon de se souvenir que chaque instant est neuf et unique. Redécouvrir à quel point l’ordinaire (auquel nous ne faisons plus attention) est extraordinaire. Cela signifie aussi, dans la pratique, d’être libre des attentes basées sur nos expériences passées, de se libérer de ce que nous “savons déjà” et de notre “expertise”. Vérifions si nous rencontrons les autres avec un regard neuf ou en fonction des projections de nos propres pensées sur ces personnes.

  2. Le non-jugement: C’est l'observation impartiale de nos expériences, c'est-à-dire la suspension de nos réactions immédiates, réflexes, qui s’effectuent sur la base de l’interprétation que nous avons de toute expérience (agréable, désagréable ou neutre). Il s'agit aussi d'accueillir les pensées, sensations ou sentiments qui s' élèvent sans les qualifier de bons ou mauvais, exacts ou erronés, justes ou injustes, mais simplement d'en prendre note. Tout cela demande de l’authenticité, de la bienveillance et de la persévérance.

  3. Le non-effort: Contrairement à la plupart de nos activités qui s’inscrivent dans un objectif, la méditation de la pleine conscience se déploie dans le “non-agir”, l’attention à ce qui est, sans saisie ni aversion aux changements, sans chercher non plus à changer quoi que ce soit ou à obtenir un résultat. Avec la patience et la pratique régulière, un mouvement naturel va prendre place de lui-même, en direction de nos objectifs. Cela ne signifie pas de ne plus rien planifier, mais de rester ouvert et flexible et de sentir lorsque nous essayons de forcer les choses. 

  4. L’acceptation: Accepter les choses telles qu’elles sont permet d’avoir une attitude appropriée à la situation et de poser un acte juste; ça n’est pas une attitude passive de soumission et de résignation, mais au contraire une attitude dynamique, en lien avec nos valeurs. C’est l’étape préliminaire au processus de guérison, au développement de l’équanimité et à la compréhension profonde de la nature du changement. C’est aussi toute la différence entre agir et réagir.

  5. La confiance: Confiance en son intuition, en sa propre “autorité”, en la capacité à pouvoir sentir ses limites. La confiance, soutenue par la méditation, permet de devenir encore plus soi-même et de prendre la responsabilité de ses propres ressentis sans en avoir peur. Plus nous allons cultiver la confiance en nous, plus il nous sera facile d’avoir confiance en l’autre, en la vie et en quelque chose de plus vaste que nous-même.

  6. La patience: C’est accepter que les choses se déroulent à leur propre rythme. Sortir de la résolution de problèmes.Accepter chaque instant dans sa plénitude. Nous sommes souvent comme l’enfant qui veut aider le papillon à sortir plus vite de la chrysalide... C’est aussi se traiter avec bienveillance, quelles que soient nos expériences, nos limites, nos jugements, nos résistances. Pourquoi chercher à se précipiter vers de “meilleurs moments”, en passant à côté de l’instant présent, qui est celui où se trouve notre vie. La patience découle naturellement des qualités précédentes, le non-effort, l’acceptation et la confiance.

  7. Le lâcher-prise: Ou le non-attachement consiste d’abord à repérer nos réactions d’attraction et de rejet dans nos expériences intérieures. Observons nos tendances à saisir et à s’accrocher à certains aspects de notre vie, et les conséquences que cela entraîne. Il s’agit simplement de laisser être ce qui est présent. Le lâcher-prise ne nous est pas étranger, c’est ce que nous faisons chaque nuit en nous endormant et en laissant notre corps et notre esprit lâcher prise. Nous sommes donc déjà des experts en la matière; il suffit juste d’appliquer cette capacité à l’état de veille. Cette attitude inclut toutes les autres. 

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